Lundi 14 janvier 2008 1 14 /01 /Jan /2008 16:03

Samedi 12 janvier, plusieurs centaines de personnalités locales et les représentants du monde associatif étaient invités à la traditionnelle cérémonie des voeux municipaux. L'occasion pour de nombreux Vitriots de se retrouver au théâtre Jean-Vilar, dans une scénographie très simple cette année. Nous publions l'intervention d'Alain Audoubert, faite au début de la soirée.

 

 

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Bonne-ann--e.JPG Bienvenue dans cette traditionnelle réception de début d’année que j’espère la plus conviviale et chaleureuse possible.

Vous êtes toutes et tous dans votre diversité des acteurs sociaux, culturels, économiques de la vie locale, des partenaires associatifs, professionnels, élus ou institutionnels de notre ville. Je vous remercie d’avoir répondu à notre invitation.

A toutes et à tous mes meilleurs vœux de santé, de bonheur et d’épanouissement personnel pour vous-même, votre famille et toutes celles et tous ceux qui vous sont chers.

Mes vœux seront tout d’abord des vœux de Paix pour l’humanité entière.

Le vœu que progressent partout la négociation, la compréhension et le respect mutuel, que reculent toutes les intolérances, tous les favoritismes, tous les intégrismes, que les rapports de domination qui les attisent cèdent la place à des rapports respectant les droits des peuples, de coopération, de co-développement qui sont indispensables à de nouveaux progrès de l’humanité, à une gestion responsable et durable de la planète.

Je pense bien sûr au Moyen-Orient où le droit des peuples à une paix juste, garantissant à chacun un Etat libre et démocratique est loin d’être réalisé, avec le risque permanent d’extension des conflits, d’embrasement de toute la région.

J’ai aussi en tête plusieurs pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique, voire d’Europe centrale où sur un terreau de sous-développement de domination des multinationales, la terreur, les meurtres, les massacres, la guerre sont parties intégrantes du quotidien.

Je renouvelle l’expression de ma solidarité au peuple algérien victime à nouveau, peu avant les fêtes, d’un attentat particulièrement meurtrier.

Je voudrais ici que nous ayons ensemble une pensée pour Ingrid Betancourt et que nous nous félicitions de la libération de Clara Rojas et de Consuelo Gonzalez de Perdomo malgré l’attitude ambiguë des FARC et l’intransigeance du président colombien.

Incontestablement le rôle de médiation du président Hugo Chavez a été décisif. Que la France et son président aient joué un rôle positif, tant mieux. Sans conteste l’opinion publique, la solidarité active en France n’y est pas non plus étrangère et les progrès enregistrés devraient nous encourager à poursuivre l’action pour qu’un accord humanitaire se conclut pour la libération de tous les otages.

Je voudrais aussi remercier toutes celles et tous ceux qui contribuent à la grande tradition de solidarité internationale de Vitry en s’engageant pour la paix, l’amitié entre les peuples  la coopération décentralisée.

Je pense bien sûr aux animateurs de l’association Vitry Tombola qui, depuis quinze ans, agit au Mali et qui, sur la base de son expérience de terrain et des résultats remarquables obtenus dans la commune du Nouka, a maintenant élargi son action à un autre village  Guenikoro dans la région de Kayes. Je pense à l’action de l’association plus récente à Vitry de l’association franco-africaine d’oncologie pédiatrique et à toutes ces initiatives     prises par plus d’une dizaine d’associations Vitriotes, associations de jeunes, d’établissements scolaires, associations de résidents originaires de diverses régions du globe qui développent des coopérations utiles, proches des réalités locales, en liaison avec les populations, loin de la recherche de médiatisation spectaculaire mais efficaces. Au Mali, au Sénégal, au Burkina-Fasso, au         Sahara Occidental dernier pays colonisé d’Afrique, mais aussi au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique du Sud. A tous et toutes mes vœux de plein succès dans leurs entreprises.

Je voudrais témoigner à nos amis d’origine antillaise à nouveau notre solidarité et souhaiter que l’action de la métropole permette rapidement d’effacer les traces du cataclysme subit.

Solidarité en France aussi. Je voudrais qu’ensemble en cette période de festivité, nous ayons une pensée pour toutes celles et tous ceux qui ont besoin de plus de solidarité encore.

Je pense à  celles et  ceux victimes d’un handicap physique ou mental, dont la société se préoccupe bien peu et adresser mes vœux les plus chaleureux à ces associations qui sont nos partenaires pour faire progresser une meilleure intégration urbaine des handicapés et modifier peu à peu le regard des valides sur le handicap.

Dans un autre domaine, permettez-moi d’exprimer notre solidarité avec toutes celles et tous ceux que l’on classe parmi les seniors, le troisième ou le quatrième âge qui voient le pouvoir d’achat de leurs retraites baisser, leur droit à se soigner reculer. La prise en compte de leurs besoins par la société, alors que leur nombre s’accroît, est certainement un enjeu majeur des prochaines décennies, qu’il s’agisse de leurs revenus, de l’aide à apporter pour leur maintien à domicile le plus longtemps possible, des structures adaptées à réaliser pour les accueillir à un coût raisonnable pour eux et leur famille lorsque cela devient nécessaire.

Vœux de solidarité aussi avec ces enfants de nos écoles qui vivent dans la hantise de voir leur père ou leur mère arrêté, expulsé du jour au lendemain vers un pays qu’ils ne connaissent même pas, parce que l’on n’a pas voulu régulariser la situation de leurs parents et qui sont en France depuis des années, y sont intégrés, y ont scolarisés leurs enfants souvent nés en France. C’est indigne d’un grand pays développé qui se veut pays des droits de l’homme, d’une république qui inscrit au fronton de ses édifices Liberté, Egalité, Fraternité. Mes vœux les plus sincères à nos partenaires du Réseau Education Sans Frontière et à tous ceux qui parrainent un ou plusieurs enfants et qui ont permis qu’à Vitry aucune des procédures d’expulsion de parents d’enfants scolarisés dans nos écoles ne soit allée jusqu’au bout.

Vœux de solidarité aussi avec ceux qui n’ont plus que les minima sociaux pour survivre, avec les jeunes qui cherchent un emploi puis un logement à un loyer accessible, mais aussi avec ces milliers de travailleurs pauvres dont le nombre ne cesse d’augmenter mais aussi solidarité avec celles et ceux qui ont, comme l’on dit , un bon emploi, souvent qualifié et qui vivent en permanence la menace de le perdre, qui subissent de plus en plus souvent un stress au travail qui, l’actualité de l’année passée l’a montrée, va jusqu’à les pousser au suicide.

Oui, il y a bien un problème de civilisation qui nous est posé. Monsieur le Président de la République y a longuement insisté dans sa conférence de presse et si je peux partager pour l’essentiel les problèmes pointés, force m’est de constater que pour la plupart des réponses apportées sont vouées à l’échec parce qu’inadaptées, parce qu’aucune ne met fondamentalement en cause le diktat de la concurrence exacerbée entre les entreprises, les nations, les territoires, la concurrence entre les hommes, les salariés, les créateurs de richesses.

n fait, il fait le constat que la société tout entière souffre d’un certain nombre de maux qui risquent de bloquer jusqu’à la réalisation du profit. Mais ses propositions me font penser à cette phrase du film Le Guépard «il faut changer pour que tout reste comme avant », que ne soit surtout pas remis en cause le dogme de la concurrence exacerbée. Cela devrait faire réfléchir tous ceux qui, au Congrès puis à l’Assemblée nationale, s’apprêtent à adopter ou laisser adopter le traité européen dit « simplifié » en catimini, sans même que soient à nouveau consultés les français qui se sont prononcé clairement contre par référendum.

Il faut, nous dit Monsieur le Président, mieux récompenser le travail. Mais pourquoi pas par des salaires revalorisés dans toutes les entreprises ? Chacun le sait, les grands groupes qui font des profits colossaux, sont constitués de multiples ramifications utilisant de multiples sous-traitants. Tout est fait pour qu’à cet échelon, où se créent les richesses, il y ait le moins possible de profit. Compter sur l’intéressement aux résultats dans ce contexte est un leurre.

Et pourquoi l’Etat qui, dit-il, doit protéger ses entreprises, ne protègerait-il pas aussi les salariés ? Pourquoi pas, par exemple une hausse significative de SMIC ?

Il faut nous dit-on plus de flexibilité dans les entreprises, plus de formation continue. Admettons, mais dans ce cas pourquoi alors refuser obstinément de mettre en place un vrai dispositif moderne de sécurité emploi-formation permettant d’alterner sans perte de salaire des périodes d’emplois et de formation, pourquoi la flexibilité ne serait assurée qu’au détriment des salariés comme dans le projet du MEDEF de flexi-sécurité qui est à coup sûr flexi mais vraiment pas sécurité.

Il ne faut pas que la télévision publique soit soumise à des critères mercantiles. Bravo ! J’y souscris pleinement, il faut la financer différemment mais là rien n’est précis, par contre le transfert de ressources publicitaire vers les chaînes privées, là c’est claire et certaines demandent déjà qu’on augmente le nombre de coupures publicitaires autorisées.

Je pourrais multiplier les exemples : le recul programmé de toutes les garanties collectives pour les salariés concernant le droit du travail, la durée hebdomadaire de celui-ci…

Ou bien encore je peux partager l’idée que le PIB n’est pas le meilleur critère d’appréciation de l’efficacité économique.

Des critères, j’ai bien envie d’en proposer d’autres. Une économie qui appauvrit les salariés, qui désespère toute une partie de sa jeunesse, n’assure plus les besoins des plus âgés, rognent sur les dépenses pour l’école, fait reculer l’accès au service public et à la santé… Non, ce n’est pas une économie efficace.

Le niveau des profits, le taux de rémunération des actionnaires qui se porte bien ne sont pas les meilleurs critères.

Alors, oui je forme le vœu d’une nouvelle étape de civilisation qui mette l’homme au centre de ses préoccupations. Mais les faits sont têtus, ce n’est pas dans ce sens que va notre société, et ce n’est pas non plus dans ce sens que va la civilisation Sarkozy.

Je voudrais aussi adresser mes vœux les plus chaleureux à nos partenaires de toutes les associations Vitriotes qui contribuent au renouveau de la convivialité, de la vie sociale, au développement des pratiques sportives et culturelles.

Adresser mes vœux aux nombreux partenaires du monde de la culture : enseignants, artistes, scientifiques de toutes disciplines.

Adresser mes vœux à toutes celles et tous ceux qui sont nos partenaires dans le développement économique, social et urbain et pour ce faire, comme je le fais habituellement, donner les réalisations et faits marquants de l’année écoulée et de la période à venir.

A quelques semaines des municipales il paraît que ça m’est interdit . Je m’en tiendrai donc à ces vœux  un peu  lapidaires.

Je termine mon propos par un dernier vœu qui concerne la période qui vient. Je souhaite que la campagne pour les élections municipales et cantonales permette un débat approfondi, responsable, respectueux où il n’y ait pas place pour l’invective  et les attaques personnelles et, quelques soient les différences normales d’appréciation, que celui-ci ne ternisse pas l’image de notre ville, la légitime dignité et fierté des Vitriotes et des Vitriots.

Je souhaite vivement pour Vitry, pour ses habitants, pour nous tous ici, qu’il contribue pleinement à la remontée du civisme.

Citoyens et Citoyennes de Vitry, je souhaite que vous y preniez pleinement votre place, que votre mobilisation soit à la hauteur des enjeux.

Faites que Vitry soit toujours mieux une ville dynamique et solidaire, une ville à vivre pour tous et toutes.

A nouveau, mes vœux les plus sincères à chacun et chacune d’entre-vous.

 

 

Par Alain Audoubert
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