Le 4 février prochain, le Parlement
(c'est-à-dire l'Assemblée nationale et le Sénat réuni) sera appelé à se prononcer sur une révision constitutionnelle, nécessaire à l'adoption du nouveau traité européen. Ce nouveau texte,
similaire au traité rejeté par les français en 2005, est pudiquement dénommé "traité simplifié" par les tenants du pouvoir. Un peu comme si ils avaient envie de ne pas revenir sur le
fond des choses. C'est simple, allons vite… Pendant qu'il est encore temps ?
C'est un peu vite oublier que l'aspiration à décider des grands choix stratégiques pour l'avenir de l'Europe est une valeur qui avait pris corps en 2005, et que le pouvoir n'arrive pas à faire taire. L'exigence d'un référendum est une idée qui monte, une fois de plus. Et c'est bien normal : une décision du peuple ne peut être défaite que par une autre décision du peuple.
J'ai le souvenir des débats de 2005, à Vitry, mobilisant des centaines de militants et de citoyens de la ville. Le double désir de décider de l'avenir et de repousser un traité trop libéral, figeant dans le marbre le fondement du capitalisme, étaient alors très fort. Notre ville s'était d'ailleurs exprimée largement en faveur du non, à 63 %.
Aujourd'hui, les choses sont claires : ce "traité simplifié" voulu par Sarkozy peut revenir devant les français. A une condition : que les parlementaires de gauche le décident, lors de la réunion de Versailles le 4 février. Ils en ont les moyens : le texte doit être adopté au 3/5e. Autrement dit, si 2/5e des parlementaires rejettent le texte, le référendum deviendra inévitable. Je me félicite qu'un des députés de Vitry, mon ami Pierre Gosnat, ait indiqué qu'il votera contre le texte proposé, pour "imposer au pouvoir la voie du référendum".
Indépendamment de ce qu'on peut penser sur l'avenir de la construction européenne, exiger maintenant un nouveau référendum, c'est le choix de la démocratie contre un débat interdit sur l'Europe.