"Vous voulez que je vide des caisses déjà vides
?" Telle fût la réponse, il y a quelques jours, de Sarkozy
à un journaliste qui l'interrogeait sur sa promesse électorale d'augmenter le pouvoir d'achat des français. Si le président de la droite a "oublié" de préciser pour qui il
avait déjà vidé les caisses en priorité, c'est parce qu'il est difficile de faire admettre aux français qu'ils doivent continuer à faire des efforts pendant qu'une des premières décisions
du gouvernement Fillon était de faire voter aux députés des exonérations en tout genre, pour… 15 milliards d'euros, reconductibles chaque année !
Ce n'est donc pas vrai que "les caisses sont vides". Le vide, il est dans la politique sociale de l'Etat, dans les leurres quotidiens pour tenter de faire oublier une politique ultra-libérale, dans les portes monnaie des salariés et des chômeurs, jusque dans le plan banlieue.
Dans ce contexte, les agents de la fonction publique ont décidé de se mobiliser une nouvelle fois le 24 janvier, principalement pour exiger de mettre au cœur des négociations la question du pouvoir d'achat. Ils ont raison, et ont tout mon soutien. Les grilles de rémunérations des fonctionnaires doivent évoluer, et sont bien loin d'être à l'image de "privilégiés" que la droite voudrait bien répandre un peu plus. Mais lorsqu'on sait qu'un agent de catégorie C (près des ¾ de la fonction publique) gagne moins de 1 500 euros après 15 ans de carrière, il y a lieu d'aller chercher les privilèges ailleurs. D'ailleurs, hier, vous n'avez pas entendu ? 430 milliards d'euros se sont... volatilisés hier sur les différentes Bourses européennes ! Sans doute pas pour tout le monde.