A l'occasion des vœux du centre social Balzac, présentés hier soir par leurs responsables,
je souhaite faire quelques remarques sur les conditions politiques du dossier Anru, qui a mobilisé la ville, l'OPHLM et la Semise depuis maintenant bientôt trois ans.
En premier lieu, je veux redire ici notre profond attachement au logement social. Cette volonté de prioriser dans notre action la construction de logements pour celles et ceux qui en ont le plus besoin dans notre ville, sans exclure évidemment d'autres constructions, est le premier élément d'une politique locale de l'habitat sur laquelle peu de voix discordantes se sont exprimés lors de l'élaboration et du vote du Plan local de l'habitat de 2006.
En second lieu, il faut reconnaître que c'est sous le ministère Borloo que nous avons pu obtenir, après des années de lutte pour d'autres financements du logement social, des conditions nouvelles pour envisager de dédensifier un certain nombre de quartier en matière d'habitat. Cette reconnaissance ne s'accompagne pour autant pas, de ma part, de critiques fondamentales sur la conception de l'aménagement des villes, et en particulier sur la nécessite de prendre en compte toutes les problématiques posées à l'échelle d'un territoire.
En troisième lieu, il faut dire avec force que l'Agence nationale du renouvellement urbain (l'Anru), si elle finance des projets de démolition-reconstruction, s'attache aussi à participer de facto à une politique de droite, qui privilégie l'abandon progressif du logement social au profit d'un aménagement urbain intégrant totalement l'accompagnement de la spéculation foncière en Région parisienne. Ainsi, dans certaines villes de droite, dirigées par des maires membres de la garde rapprochée de M. Sarkozy (par exemple à Montereau, ville de M. Jégo), l'Anru finance des projets à près de 45 %, avec au final moins de logements sociaux reconstruits que de logements démolis ! A Vitry, c'est l'inverse : l'Anru finance l'opération de Balzac à 30 %, mais nous reconstruisons au final près de 2 logements sociaux pour 1 démoli. J'ai la faiblesse de penser qu'il y a donc, dans ce domaine, une politique de gauche et une politique de droite.
Enfin, je souhaite réaffirmer notre conception sociale dans ce domaine. Y a-t-il trop de pauvres à Vitry ? Cette question, que j'entends ici ou là, doit nous interroger un peu plus. Pourquoi y a-t-il trop de Vitriots rencontrant des difficultés ? A partir de là, deux conceptions s'affrontent : ou la politique locale visera à écarter encore un peu plus les Vitriots en difficulté, en construisant des logements dont ils seront exclus, ou nous continuerons d'agir pour construire des logements aussi pour eux, en se battant chaque jour pour que les difficultés qu'ils subissent soient le plus atténués possible. Je fais le choix de la deuxième conception. Sans opposer les uns par rapport aux autres. C'est ça aussi la gestion d'une ville.