L’incohérence des politiques de transports et la hausse des carburants nous amènent à une situation dont les conséquences sont prévisibles : le gouvernement devra lâcher du lest ou voir les vacanciers pris dans un conflit dont tout le monde paiera les effets. Mais lâcher du lest pour qui ? Le tout camion encouragé depuis des décennies pour le transport routier de marchandises est devenu un véritable problème en France et en Europe. Les routiers en subissent les cadences avec des feuilles de route chargées pour des salaires peu élevés. Cela pollue et ne résout pas les encombrements sur les grandes routes et autoroutes. La hausse du pétrole vient donc renchérir la situation et le patronat entend répercuter le coût sur les salaires, les conditions de travail des salariés routiers. C’est inadmissible.
Le fond de l’affaire est que l’abandon progressif du ferroutage ou les mesures prises pour le développer (camions chargés sur rails en vallée
du Rhône par exemple) restent modestes. Une harmonisation européenne de la fiscalité sur les carburants règlerait certes pour partie la situation présente mais sans permettre à moyen terme de
répondre à l’inflation et à la rareté de cette source d’énergie. Et quid pour les automobilistes salariés qui n’ont d’autre choix pour se rendre à
leur travail que de prendre une automobile ? Nous sommes bien face à une incurie gouvernementale et européenne et les mesures qui seront prises ne répondent que dans l’immédiat aux
préoccupations des routiers, reportant à nouveau à plus tard les échéances. Il devient d’intérêt national de nationaliser les hydrocarbures et de rationaliser le transport des marchandises en
privilégiant le rail. C’est d’autant possible que la SNCF envisage soudain de développer ce mode de transport qui s’avère pour elle une source de bénéfices à long terme. Il devient d’intérêt
général de nationaliser la SNCF*. La maîtrise publique ou mixte des communications auto-routières et ferrées est peut être une idée à défendre à Bruxelles. Elle concerne aussi les autres pays
livrés comme le nôtre au tout marché. Que l’on ne dise pas qu’il n’y a pas de moyens financiers pour cela (voir mon propos sur la course aux armements).
* le propos est aussi valable pour les usagers et voyageurs des TGV qui voient fleurir des tarifs fantaisistes et coûteux pour un même parcours. A la tête du client en somme et au moment où le billet est acheté ou réservé !