Les produits alimentaires ont augmenté de 5,7 % en un an. L’énergie, de 15,4 % ; le pétrole, de 22,4 % ; et les transports
de 6,1 %. Le SMIC, lui, bénéficiera d’une hausse de 0,9 % le 1er juillet prochain. Le SMIC, cela veut dire Salaire Minimum de Croissance. En comparant les chiffres ci-dessus, il est
évident que la croissance ne réside pas sur la fiche de paie des salariés. Avec 56 centimes par jour en plus, pas de quoi s’acheter une baguette supplémentaire pour les 2 millions et demi de
personnes concernées.
Ce qui est frappant, c’est le décalage de plus en plus inquiétant qui existe entre les expressions toutes faites des communicants de l’Elysée, comme : « le président du pouvoir d’achat », les grands discours sur « la France qui se lève tôt » et les efforts consentis, les mesures réelles. Le discours du gouvernement est une chose, son action en est une autre. Il faut le savoir. Comme il faut savoir que l’augmentation prévue pour le mois de juillet aurait pu être supérieure, si ces messieurs l’avaient voulue. La loi le permet. Mais pas de coup de pouce pour les salariés pauvres, ni pour la croissance. 1037 euros nets par mois, c’est bien assez. Mieux vaut s’endetter, à l’américaine…
Il est aussi question que la hausse du SMIC soit à l’avenir aux mains d’une commission d’experts. Ce qui signifierait que les mécanismes légaux qui font que le SMIC augmente en même temps que le coût de la vie pourraient être superbement ignorés. Ce qui signifierait aussi un degré de plus atteint dans le cynisme, dans le dédain. Comment avoir une vie décente ? Des campagnes de « pub officielle » pour faire croire que le pouvoir d’achat augmente, comme il en commence aujourd’hui, ne suffiront pas à masquer le langage mensonger du gouvernement. Ceux qui se lèvent tôt et ceux qui gagnent peu apprécieront la démagogie.