Mercredi 2 juillet 2008 3 02 /07 /Juil /2008 16:58

Une vrai levée de boucliers ! Frédéric van Roekenghem, directeur de la CNAM (Caisse Nationale d’Assurance Maladie), nommé de surcroît par le gouvernement, avait avancé l’idée d’un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur les dépenses de la Sécu. La solution était simple : dérembourser les malades pris en charge à 100 %. Ces derniers sont ceux qui souffrent d’affections longues durée (ALD), c’est-à-dire du cancer, du diabète, de maladie cardiaque ou psychiatrique. Près de 9 millions de personnes sont concernées par ce régime de remboursement. Leur prise en charge correspond à 65 % des dépenses de l’assurance maladie. Le déremboursement en question, passant de 100 à 35 %, se serait attaché surtout aux médicaments à vignette bleue dits « de confort ». Ceux-ci permettent aux patients d’atténuer les effets douloureux causés par leur traitement. L’idée aurait ainsi consisté à faire prendre en charge ces médicaments par les mutuelles.

Devant la réaction violente et unanime contre ce projet, la ministre de la Santé a fait mine de découvrir les idées saugrenues de cet audacieux directeur, alors que la stratégie du gouvernement actuelle est connue : on teste une idée auprès de l’opinion publique, on force même un peu le trait, et on se rétracte ensuite, avec ce courage qui consiste à rejeter la faute sur un autre.

En tout cas, la direction de l’assurance maladie a bien garanti que toutes ces propositions étaient retirées.

Mais attention, un débat se tiendra à la rentrée prochaine sur les dépenses annuelles de l’assurance maladie. Et le gouvernement ressortira certainement quelques-uns des arguments découverts ces temps-ci. Plus que jamais, il importe que la santé soit au cœur des décisions politiques des villes. Car le système de protection est en danger. Toutes les mesures récentes concourent à favoriser le secteur privé, où les plus aisés sont les mieux soignés. Cette iniquité ne doit pas s’instaurer. Le système de santé des Etats-Unis ne doit pas devenir le modèle de référence. Je rappellerai simplement qu’un tiers des usagers du Centre Municipal de Santé (CMS) de Vitry sont bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle (CMU). Pour ceux, nombreux, qui n’ont pas de mutuelle, le CMS leur facilite l’accès aux soins, facilite aussi la prévention. Les consultations de spécialistes y sont abordables avec la pratique du tiers-payant et il n’y a pas de dépassement d’honoraires. C’est avec en tête l’idée de solidarité qu’il faut imaginer l’avenir de la sécurité sociale. Et non pas avec celle du profit à réaliser sur le dos des malades et des personnes en difficulté financière.
Par Alain Audoubert - Publié dans : Social
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