Le gouvernement actuel veut supprimer une aide importante attribuée à certaines communes à travers toute la France. La Dotation de
Solidarité Urbaine (DSU) est une aide conséquente que l’Etat octroie aux villes de plus de 10 000 habitants. Le plus souvent, ce sont les villes accueillant des populations modestes, menant une
politique sociale ambitieuse qui en bénéficient. Le rôle de cette dotation tend ainsi à diminuer l’écart qui se creuse entre les plus aisés et les plus défavorisés. De vrais programmes de
logement social, des structures culturelles de qualité à prix accessible, une action publique qui épouse au plus près les besoins des habitants : ce sont tous ces services, toutes ces
améliorations de la vie quotidienne dans la cité que le gouvernement menace. En effet, si la DSU n’entre pas dans les caisses de la ville, il devient impossible de satisfaire certains besoins des
habitants. Des services rendus devront être supprimés, ou le prix d’accès à certains autres, augmenté.
Les communes les plus en difficulté seraient donc délaissées par l’Etat, prouvant encore un peu plus, s’il en était besoin, son désengagement progressif. Les communes les plus dans le besoin seraient lésées, et ceci afin que l’Etat puisse masquer ses propres manques. La justice et l’égalité de traitement sont totalement absentes de ce projet de réforme.
Le comble de l’hypocrisie et du cynisme est atteint lorsque l’on sait que normalement, pour qu’une ville puisse bénéficier de cette dotation, le nombre de ses logements sociaux existant et à venir s’avère un critère déterminant. Dans ce projet de réforme que le gouvernement dit « étudier », ce critère saute. Le nombre de logements sociaux dans une ville ne compte pour rien. Les villes qui construisent, qui présentent 50 % de logements sociaux, par exemple, ne bénéficieraient pas d’aide supplémentaire par rapport à une ville qui ne remplit pas l’obligation de proposer au moins 20 % de logements sociaux. Alors, la DSU pourra profiter aussi aux villes riches. En pleine crise du logement, la décision a de l’allure.
La ravage des services publics, la liquidation des aides publiques et l’effacement de la solidarité menacent la vie quotidienne des populations. Il est impossible de rester sans rien faire devant cette démonstration de force. Il faut agir en nous réunissant pour faire retirer ce projet réducteur.
Il faut mettre les habitants au cœur des préoccupations, et non les en séparer.