Vendredi 3 octobre 2008

« Il faut refonder le capitalisme » mais « l’anticapitalisme n’offre aucune solution à la crise ». Que de précautions à travers ces deux phrases prononcées par le chef de l’Etat. C’est surtout la confusion qui en ressort. Et elle semble bien constituer son moteur politique.  

Lorsque l’on entend parler du grand retour de l’Etat, des garanties que l’Etat va apporter pour aider à estomper la crise financière qui a cours, il faut immédiatement démasquer l’imposture.

L’Etat français va en réalité soutenir le capitalisme en faillite. L’Etat français va se porter au chevet des banques pour que surtout, leur fièvre n’augmente pas.

Soyons sérieux ! Une véritable purge de la fonction publique est en train, avec 30 000 fonctionnaires en moins et près de la moitié dans l’éducation. Les cadeaux fiscaux offerts aux entreprises ne sont ni redistribués ni investis pour créer des emplois. D’ailleurs, il n’est demandé aucun effort particulier aux grandes entreprises. En revanche, il en est demandé – encore -, aux contribuables. Dans ces conditions, est-il normal qu’un citoyen ait à payer quoi que ce soit pour un marché  irresponsable dont le seul souci est de faire du fric ?  Le capitalisme financier, s’il est si puissant peut certainement s’en sortir tout seul comme un grand, sans l’aide des parents que sont les Etats, en puisant dans les stocks-options, les profits boursiers improductifs, les parachutes dorés…

Malgré tout, il ne faut pas être paralysé par les discours du chef de l’Etat. Il faut imaginer des solutions et résister, à tous les niveaux. Car en plus des épargnants, les villes, les départements sont menacés par ce même Etat qui se désengage et qui les ponctionne sans vergogne. J’évoquais il y a quelques jours le projet de réforme de la Dotation de Solidarité Urbaine. Là encore, c’est une volonté d’étrangler les moyens des collectivités locales.

Alors qu’on ne vienne pas parler sur un ton de sauveur du retour de l’Etat. Car il préfère fuir les réalités et soutenir la cause des marchés virtuels et dérégulés du capitalisme sans valeur et sans morale. 

Par Alain Audoubert - Publié dans : Economie
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