Jeudi 6 novembre 2008 4 06 /11 /2008 10:24

Les propositions de lois que le gouvernement Sarkozy a osé avancer au sujet du logement social sont tout à fait scandaleuses et désastreuses. Le Sénat ne s’y est d’ailleurs pas trompé, en rejetant massivement et quasi unanimement le texte sournois de Christine Boutin, ministre du logement et de la ville.

A la lecture du texte,

- on remarque que la loi SRU (relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains) y était menacée puisque l’accession populaire à la propriété devait être intégrée au taux obligatoire de 20 % de logements sociaux dans une commune. Traduction : les propriétaires sont comptés dans ces 20 %, au même titre que les locataires qui n’ont pas les moyens d’acheter. Pas très « relative à la solidarité » donc, cette modification.

- on découvre encore que l’Etat demandait aux organismes HLM de faire des efforts, sans qu’il en fasse lui-même, bien au contraire puisque, dans le projet de loi de finances 2009, il diminue le budget consacré au logement social de près de 7 %.

- on voit aussi précisé au détour d’un article que 850 millions d’euros auraient été prélevés par l’Etat au 1% logement et ce, pour endiguer la crise du logement.

- on relève encore que le plafonds de ressources pour accéder au logement social devait être abaissé de 10 %, ce qui aurait entraîné une proportion de ménages y ayant droit passant de 70 à 60 %. En plus de réduire le nombre d’accédants, cela aurait accru la ségrégation sociale.

Et ce texte a la vanité de s’intituler : « Projet de loi de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion » ? Les auteurs de ce titre pourront aller réviser le sens des mots. Voilà un texte de loi qui donne les indications pour que tout le contraire soit mis en œuvre. 

Aussi, la bataille sur le logement est primordiale. Dans nombre de ménages, le poste du budget consacré au logement s’avère le plus important. Et il ne faut pas être dupe. Ce ne sont pas les locataires qu’il était prévu d’aider à travers ce texte. Toutes ces mesures inacceptables sont écrites en direction des pauvres promoteurs désemparés, stupéfaits par la crise financière en général et du crédit en particulier, afin qu’ils soient moins durement touchés.


A Vitry, qui compte bientôt 81 000 habitants, on propose 40 % de logements sociaux. Mais il reste 4 600 demandeurs de logements sociaux par an, ce qui représente 5,6 % de la population. C’est donc que le taux de 20 % de logements sociaux à construire pour chaque commune de plus de 3 500 habitants est insuffisant. Il faut l’augmenter. Et préserver l’accès au logement social aux personnes les plus en difficulté. Il faut y veiller et agir en conséquence.

Par Alain Audoubert - Publié dans : Logement
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