Lundi 10 novembre 2008 1 10 /11 /Nov /2008 10:21

Les Rased (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté ) sont en danger. L’aide aux plus en difficulté est mise à mal, encore une fois. Ces réseaux, créés en 1990, mettent en place, comme leur nom l’indique, des aides spécialisées pour les élèves en difficulté. Ce sont les enseignants des classes ordinaires primaires qui peuvent les solliciter. L’approche est psychopédagogique, grâce à deux spécialisations des enseignants en Rased : ceux qui travaillent plutôt la pédagogie avec les élèves, ceux qui se penchent plus sur les difficultés d’adaptation à l’école. Les avis de psychologues scolaires sont aussi parfois demandés dans ce cadre.

L’existence de ces structures est indispensable aux élèves en difficulté. Mais elles sont en passe d’être éradiquées par la volonté rétrograde de Xavier Darcos, ministre actuel de l’Education nationale. 3 000 postes de Rased devraient être supprimés – soit le quart – pour soi-disant, remplacer les professeurs partant en retraite. Prétexte invoqué : développer l’aide aux élèves en difficulté. C’est vrai qu’une structure qui le fait déjà n’a aucune compétence pour le faire…Et c’est bien en la supprimant qu’on aidera mieux le public concerné. Comment ? en récupérant les 2 heures par semaine dues par tous les enseignants suite à la suppression du samedi matin. Le but est donc clair : liquider totalement les Rased en trois ans. Ce qui signifie que tous ces enseignants spécialisés devront retourner, de force, à l’enseignement classique. Et bien sûr, les formations qu’ils ont jadis suivies seront supprimées.

On voit bien que le but réel est surtout et toujours de supprimer des postes dans la fonction publique, et dans l’Education nationale en particulier. A Vitry, 6 Rased fonctionnent dans les écoles. Dans le Val de Marne, 10 médecins scolaires sur 39 et une quarantaine de postes spécialisés viennent de disparaître, dont 3 à Vitry. Tout sera entrepris pour défendre ces postes. Car ce n’est pas en dehors du temps scolaire que les difficultés des enfants doivent être prises en compte. C’est pendant. Voir disparaître les postes d’enseignants spécialisés, c’est capituler, accepter l’échec de certains élèves dans la classe. Et de cela, il n’est pas question.
Par Alain Audoubert - Publié dans : Education
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