La majorité gouvernementale vote des lois qui ne sont pas appliquées. C’est une nouveauté grave pour notre pays. Ainsi, pour la
deuxième fois, le tribunal administratif, la justice donc, déboute l’Etat via son représentant préfectoral. Les Maires du Val de Marne, comme à Vitry, qui se trouvaient dans l’impossibilité
d’appliquer la loi du service minimum dans les écoles les jours de grève pour la simple raison qu’ils se trouvent dans l’impossibilité d’organiser l’accueil prévu par la loi, voient ainsi
confirmer l’inapplication de celle-ci. Une autre loi est d’ailleurs inappliquée : la loi de solidarité urbaine qui impose 20% de logements sociaux aux communes. Nombre de maires de la
majorité ne l’appliquent pas...
Sur le fond, le problème est simple : l’atteinte portée au droit de grève des enseignants qui défendent un service public de l’éducation de qualité et d’égalité des chances, qui refusent la poursuite de son démantèlement, ne peut pas être brisée par une loi. L’école n’est pas une garderie, le temps d’enseignement –qui vient d’être réduit de 2 h- n’est pas de la responsabilité du personnel communal. Les parents d’élèves l’ont bien compris même si cela leur pose un problème les jours de grève. On ne fait pas la grève pour rien, pour embêter les salariés. Mais tout vouloir passer par des lois ne signifie pas régler les problèmes posés.
Dans cet esprit, il faudrait ainsi remplacer au pied levé les conducteurs de trains en grève par des personnes dont ce n’est pas le métier, substituer aux infirmières des personnes sans qualification… Ce n’est pas sérieux : l’éducation est la mission de personnels compétents, formés à cet effet pour instruire.