Vendredi 19 décembre 2008 5 19 /12 /Déc /2008 17:08

Avec sa proposition de remanier la classe de seconde en octobre dernier, Darcos n’avait apporté que des esquisses bien floues. Il avait dit vouloir affiner et préciser les changements à la fin de l’année, et il a fini par se rétracter ces jours derniers en repoussant à l’an prochain son pseudo-concept.

Les modifications portaient sur la classe de seconde seule, mais pas sur la première ni sur la terminale, ce qui dénotait d’un manque de cohérence évident. De plus, le volume d’heure diminuait d’une heure et demi, l’année ne se partageait plus en trimestres mais en deux semestres, les élèves devaient choisir des modules d’enseignement, souvent au détriment des enseignements artistiques ou des langues anciennes ou vivantes… Et la filière technologique semble menacée : le ministre voudrait-il réaliser des économies sur le dos de cette voie ?

En tout état de cause, le lest lâché par le ministre de l’Education nationale sonne comme une victoire du mouvement dans les lycées. La mobilisation, active depuis le 20 novembre, est un encouragement pour continuer dans le même sens. Car vouloir étioler le mouvement à la veille des fêtes ne berne personne : la vigilance est toujours de rigueur. Si le ministre recule, c’est sans doute pour mieux avancer plus tard. 

A côté du mouvement lycéen se développe aussi la mobilisation des IUT (Instituts Universitaires Technologiques). La loi Pécresse sur l’autonomie des universités inquiète. En effet, selon cette loi, l’Etat ne verserait plus rien aux IUT, selon les besoins de chaque filière, comme c’était le cas jusqu’à présent. Au 1er janvier 2009, une somme globale serait versée aux 96 universités et leurs présidents décideraient des sommes à attribuer à leurs IUT. Certains auraient plus de fonds que d’autres, créant des inégalités injustifiables. Et que dire de la valeur des diplômes de certains IUT sans le sou ?

Pour 2009, le ministère a accepté de reconduire les mêmes fonds aux IUT. Mais rien n’est clarifié pour la suite. 

Ces victoires pour sauver le système éducatif français, obtenues grâce à la mobilisation, doivent montrer l’exemple pour la suite. Il ne faut rien abandonner des ambitions d’un système éducatif riche, diversifié et compétitif.

Par Alain Audoubert - Publié dans : Education
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