Les chiffres du chômage empirent. Les faillites de petites et moyennes entreprises se multiplient, les banques ne prêtent à
ces dernières qu’avec une extrême frilosité, ou pas du tout, alors pourquoi l’Etat a-t-il décidé d’aider encore les banques à hauteur de 10 milliards d’euros ? Mystère. Pour seule réponse,
cette phrase du chef de l’Etat, dépourvue de sens : « Je veux dire aux Français qu’ils ont fait une bonne affaire »… Je n’ai pas l’impression que les Français partagent cet avis
tranché, déconnecté du réel, déconnecté des véritables besoins du plus grand nombre.
Ces 10 milliards ne sont rien d’autre que des cadeaux fiscaux aux plus aisés, une fois de plus. Et aujourd’hui, le taux du Livret A est divisé par deux, passant de 4 à 2 %. Cela signifie que rien n’est envisagé pour les ménages. Cela signifie que les économies de 46 millions de Français ne leur rapporteront pas grand chose en fin d’année. Cela signifie que l’Etat préfère apporter son soutien à la spéculation plutôt qu’aux 46 millions de petits épargnants. Tous les apports financiers sont offerts sur un plateau aux banques et aux grandes entreprises. Et le courage politique, qui aurait été de protéger, de redonner de la confiance aux détenteurs du Livret A, ne brille que par son absence dans la ligne tracée par le gouvernement. La relance annoncée ne l’est que pour les plus aisés.
M. Sarkozy voudrait attiser un peu plus le ressentiment des classes moyennes, des petites et moyennes entreprises qui tentent de s’en sortir, qui essaient en dépit de la situation déplorable de créer des emplois, M. Sarkozy voudrait attiser la jalousie et l’impression désagréable d’injustice, qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
Ces 10 milliards ne pouvaient donc pas avoir une autre destination que les coffres des banques ? Le Livret A, donc, l’éducation, la santé, les chantiers en cours des collectivités locales semblaient pourtant des objectifs un peu plus prioritaires, un peu plus urgents.