La date du 15 mars marque la
fin de la trëve hivernale concernant le logement. L'hiver passé, les expulsions redeviennent possibles. Elles peuvent cette année encore, toucher un nombre croissant de locataires en titre. Avec
un loyer et des charges en augmentation et des revenus en baisse ou en tout cas en stagnation depuis longtemps, des locataires sont fragilisés. L'accès au logement reste pour beaucoup
problématique et le maintien durable dans un logement devient plus incertain pour d'autres.
La part du logement dans le budget des ménages prend une place si importante que les autres postes (alimentation, loisirs, transports…) sont réduits. Toutes les associations se préoccupant des questions de logement constatent et dénoncent cette dangereuse évolution.
Trop souvent, le coût du logement devient insupportable. C’est alors que l’habitat précaire menace ceux-là même qui pensaient bénéficier d’un logement dit durable.
Lorsque Christine Boutin affirme dans le Parisien du 12 mars que « désormais, il n’y aura plus de personnes
mises à la rue, plus d’expulsions sans solution de remplacement. Un préfet ne mettra plus à exécution un jugement d’expulsion sans proposer un relogement ou un hébergement », et lorsque
qu’on lit la loi qui porte son nom, indiquant bien que les délais que le juge peut accorder au locataire passent de 3 ans à une seule année, quel discours prendre sérieusement en compte ?
Quelle Boutin croire ? Celle de la loi édictée ou celle des mots frappés du sceau de l’hypocrisie ?
Que penser de la baisse de 7 % du budget de son ministère ? De la destruction des appuis que représentaient le 1% et le livret A pour la construction de logements sociaux ?
Un peu plus de rigueur dans la conduite de ce dossier serait bienvenue pour apporter un peu plus de réponses respectueuses des personnes en difficulté et subissant tous les jours les conséquences d'une politique de régression sociale. Un peu plus de mesures concrètes aussi :
Notre pays doit se pourvoir d’un programme bien plus conséquent en matière de logement social . C’est évident. Les barrières de la discrimination financière pour accéder à un logement digne doivent être brisées et le marché immobilier n’a pas à imposer ses lois au logement social.
Il faut obtenir que les loyers soient acessibles, que les expulsions soient interdites pour tous les locataires de bonne foi et que le droit à un logement stable en soit un.