Mardi 28 avril 2009 2 28 /04 /Avr /2009 16:08

Après des années d’attente, les victimes des essais nucléaires français vont enfin voir aboutir une loi qui prévoit leur indemnisation. Un long combat qui depuis 1960 était resté lettre morte auprès des autorités militaires et civiles de notre pays. Pourtant, au moins 30 000 personnes ont été exposées dans le Sahara à Reggane en Algérie où fut effectué le premier essai atomique français sous le nom de "Gerboise bleue". 210 essais se sont succédés en Algérie, jusqu’en 1966. Après les conséquences de Hiroshima et Nagasaki, un long chemin est ainsi effectué grâce à la ténacité des pacifistes pour l’éradication de l’arsenal nucléaire militaire, pour le respect du Traité de Non Prolifération nucléaire signé entre autre par la France et, bien évidemment, pour l’indemnisation des victimes civiles et militaires des essais effectués au Sahara et à Mururoa.

Je suis particulièrement vigilant sur cette question du désarmement nucléaire mondial et j’apporte ma contribution, avec la ville de Vitry, au réseau des Maires pour la Paix, Mayors for Peace, qui tiendra en août une conférence à Nagasaki sur le sujet pour appuyer cette volonté, pour que nos villes et leur population ne soient plus des cibles potentielles menacées en permanence d’un tir nucléaire.

Je serai donc présent le 23 juin prochain aux 3 cinés Robespierre pour la projection du film Gerboise bleue de Djamel Ouahab, le premier film sur l’histoire secrète des essais atomiques français en Algérie : aux tirs aériens radioactifs puissants, effectués dans des zones appartenant à l’armée française, succéderont des tirs souterrains et ce, même après l’indépendance.

Des Vétérans des essais nucléaires (l’association AVEN) se sont fixés en 2001 l’objectif de combattre le négationnisme d’Etat par rapport aux conséquences des essais nucléaires sur les personnes et les populations exposées lors des 210 explosions atomiques. L’Etat français a toujours refusé de reconnaître la réalité mais aujourd’hui il reconnaît dans un projet de loi qu’il faut indemniser les victimes. Le film Gerboise bleue contribue à rompre le silence et pour obtenir une vraie loi de reconnaissance des faits permettant indemnisation.

On croit en finir avec la guerre, mais elle tue encore longtemps. En témoigne, autre exemple, le patient travail effectué par l’association d’amitié Franco-Vietnamienne dont la présidente est Hélène Luc, sénatrice honoraire du Val de Marne : depuis la guerre du Vietnam, les conséquences de l’épandage de l’agent orange que contenait la dioxine sévit toujours sur des êtres humains et l’environnement.

lien vers la critique du film dans l'Humanité :
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Par Alain Audoubert - Publié dans : Mémoire
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