Lundi 22 juin 2009 1 22 /06 /Juin /2009 16:24

La méthode employée par le gouvernement pour faire passer une mesure est toujours la même. Ehontée, cynique, méprisante, elle consiste à choquer l’opinion par l’outrance de la proposition, puis de reculer, pour mieux revenir, pour mieux l’imposer, de guerre lasse.

 

C’est ce qui se passe autour de bons nombres de dossiers en France aujourd’hui.

Dans un premier temps, le ministre chargé de mettre en place une nouvelle réforme l’annonce à grand bruit, il passe même les limites, pour mieux voir où se situe le point de rupture. Alors, une levée de boucliers, un déluge de déclarations exprimant le refus se fait entendre au sein de l’opposition, on s’indigne ostensiblement.

Dans un second temps, le ministre exposé recule d’une façon ou d’une autre. Soit il se dédit lui-même, soit il est aidé par un conseiller de l’Elysée (Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, se livre parfois à ce qui pour lui ressemble à un jeu), soit encore, un autre ministre ou le Président lui-même s’attache à nuancer, à ajuster les propos déplacés de ces pauvres ministres sur l’air du : « Cette mesure se situe bien dans l’axe que nous voulons suivre mais jamais nous n’irons jusque là, tout de même ». 

« Il faudrait que je vire tous les ministres », aurait déclaré le Président en évoquant le prochain remaniement ministériel. (Le Canard Enchaîné du 17 juin 2009). Il semblerait aussi que des conseillers spéciaux de Sarkozy « infiltrés » dans les ministères, y imposeraient les visées du président, transformant ainsi les ministres en véritables pantins. Et les privant au passage de réelle représentativité aux yeux du peuple français. 

Dans un troisième temps, quelques mois plus tard, lorsque l’indignation et la colère sont retombées, le même ministre revient et propose exactement la même mesure dévastatrice, à peu de choses près. Lorsqu’il faut engager la lutte pour la 2 ou 3ème fois,l’hôpital public, pour les universités, pour les lycées, pour les services publics, les collectivités territoriales, les sans-papiers et actuellement, pour la Poste. Invariablement, la même stratégie est mise en place ; elle est donc très pensée, très organisée.

 

Il convient donc de nous organiser avec sérénité pour contrer ce travail d’usure, pour avoir un temps d’avance. Et c’est en nous mobilisant, en dialoguant, en créant des liens puissants et réactifs, en ayant des projets à l’image de nos certitudes que nous pourrons faire reculer ces forfanteries. L’intérêt général est gravement menacé par une mise en concurrence générale. Mais le pouvoir d’infléchir le train de ces réformes cassant les acquis sociaux se place entre les mains de chacun de nous. Et c’est réalisable ! Par exemple, la réforme Darcos sur les lycées a échoué grâce à la mobilisation de chacun. Continuons à unir nos forces pour proposer des projets plus justes, plus équitables, plus généreux. Et ne laissons pas le champ libre au système de pensée libéral, qui n’a en tête que cette obsession mettre en concurrence hommes et marchandises afin d’en tirer des profits. La droite française au pouvoir jette un regard sans remords, sans complaisance aucune sur la fracture sociale qui se transforme en fossé. C’est bien contre ce décalage que je m’impliquerai et que je m’engagerai, de toutes les façons.

Par Alain Audoubert - Publié dans : Politique
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