La loi Nome (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité), votée fin novembre dernier, se veut une transposition des
directives européennes, adoptées par la France depuis 2000 et qui institue de plus en plus durement la « concurrence libre et non faussée ». La loi Nome oblige en effet EDF à vendre près d’un quart de la production de ses centrales nucléaires à ses concurrents que sont Poweo, GDF Suez et d’autres.
C’est comme si on demandait à Peugeot de faire don d’un quart de ses véhicules à Mercedes, sous prétexte que cette dernière est en difficulté !
Comme 96 % des Français sont restés chez EDF depuis que le marché énergétique est ouvert à la concurrence (2005), comme EDF produit de l’électricité à bas coût, que ses tarifs sont trop bas, il faut ajuster tout cela : c’est donc l’Etat qui oblige à la mise en concurrence en légiférant. Le problème, c’est que d’habitude, la concurrence fait baisser les prix pour les usagers – les clients. Pour les tarifs EDF, c’est l’inverse : la concurrence va engendrer une augmentation de 25 % d’ici 2015.
Voilà donc se dessiner un sabordage complet du système de production électrique. La véritable compétitivité s’efface devant la soi-disant concurrence. De nombreux industriels, si les tarifs augmentent trop, quitteront le sol français. Pour aller aux USA par exemple, où l’Etat s’est d’ailleurs réapproprié le secteur électrique.
Se chauffer, avoir la lumière doit être un droit, au même titre que se loger. Aussi, le secteur électrique doit être encadré par une maîtrise publique. Et c’est bien par la
création d’un pôle public de l’énergie que celle-ci pourra être fournie équitablement à tous et au moindre coût.
C’était tout le sens de la nationalisation des industries énergétiques imaginée par le Conseil National de la Résistance (CNR), en 1946, mise en place par un ministre communiste sous le gouvernement de Gaulle.
Une remarque sur cette période… Dans les années d’après-guerre, dans un pays dévasté, l’effort de solidarité a pu être supporté pour créer des services publics, une sécurité sociale et des retraites dignes de ce nom. Mais aujourd’hui, alors que la France est la cinquième puissance économique, cet effort n’est plus envisageable ? Essaierait-on de nous faire croire que la crise a des effets encore plus néfastes que la guerre ?