Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /Juin /2010 15:33

Lors du Grenelle de l’Environnement, un objectif clair a été énoncé : pour le seul secteur du transport, réduire de 20 % d’ici à 2020 les émissions de Gaz à Effets de Serre. Cependant, les mesures imaginées par le gouvernement ou voulues par les autorités organisatrices des transports sont en contradiction totale avec cet objectif.

 

Avec l’ANECR (Association Nationale des Elus Communistes et Républicains) et près de 400 personnalités de toute provenance (politique, associative ou syndicale), j’ai signé l’appel pour revoir d’urgence le nouveau plan Fret SNCF.

 

Les budgets annoncés de la loi de finances 2010 n’offrent pas les moyens suffisants qui aideraient le passage de la route au rail, ni pour les marchandises, ni pour les voyageurs.

 

Les autorités organisatrices des transports n’ont pas non plus les moyens nécessaires au  développement des transports collectifs qui permettraient de réduire l’usage de la voiture et donc, des émissions de gaz.

 

Ce sont les collectivités territoriales qui ont la charge des transports. Mais l’Etat n’apporte aucune compensation, supprime au contraire Taxe professionnelle et autres dotations.

 

La taxe sur les poids lourds a été limitée, reportée en 2012. Tout est remis au lendemain, et cette négligence est la marque d’une triple irresponsabilité : fiscale, sociale et écologique. Si le transport routier continue à être sous-tarifé, les routiers européens seront mis en concurrence, créant ainsi des conditions sociales désastreuses. On voit bien que le développement des modes alternatifs à la route ne constitue pas une priorité.

 

Enfin, le nouveau plan Fret SNCF va plus que jamais à l’encontre du Grenelle de l’environnement puisqu’il vise à réduire les trafics, les matériels et les moyens humains. L’activité dite de « wagons isolés », (qui consiste à acheminer pour les industriels une cargaison en quantités inférieures à un train entier, et où le lot de wagons ou bien un seul wagon doit être trié et regroupé dans les gares de triage) serait abandonnée à 60 %. Cet abandon signifierait d’une part des suppressions de postes de cheminots et d’autre part, des milliers de camions en plus circulant sur les routes. Cette augmentation de trafic reviendrait à rejeter entre 300 et 600 000 tonnes de gaz à effet de serre en plus par an dans l’atmosphère…

 

 

Aussi, avec les syndicats et les associations, il convient de réclamer :

 

 - le respect des objectifs de réduction de gaz à effet de serre du secteur des transports

 - un moratoire immédiat sur la partie « wagon isolé »

  - la transparence et un débat public objectif sur les conséquences des émissions de gaz

  - la préservation des installations ferroviaires afin d’être capable de disposer d’alternative à la route

 - l’examen d’organisations nouvelles de la production SNCF en proximité pour donner de la pertinence économique aux convois.

Par Alain Audoubert - Publié dans : Transports
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