Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 15:55

Laïcité positive, immigration choisie, débat sur l’identité nationale, chasse aux sans-papiers, discours où, selon le président français, « l’homme africain n’est pas entré dans l’Histoire », discours où les Roms seraient la source de tous les problèmes économiques, déchéance de la nationalité française et tout récemment, retour de la double peine pour les ressortissants étrangers, mépris xénophobe et affiché de plusieurs ministres, d’Hortefeux à Guéant, en passant par les élus de la droite dite populaire : autant d’expressions nauséabondes, de postures malsaines mais toujours voulues, qui auront éclaboussé le mandat de Sarkozy.

 

Ne nous y trompons pas : le but de ces manœuvres est toujours de diviser pour mieux régner, de faire haïr la différence que représente l’autre plutôt que de l’accepter. C’est une arme dangereuse de clivage, de rejet, de méfiance irraisonnée et donc, de peur absurde. Il s’agit toujours de compartimenter, de marquer une préférence pour tel contre tel autre. Tout concourt à tenir à distance, à dénigrer celui que l’on stigmatise. Dans les discours, un vocabulaire militaire se met en place. « Il faut déclarer la guerre à… ». Dans ce contexte, le thème de la sécurité intérieure est lié aux attaques contre les immigrés. Cet artifice de la menace est à mettre à jour, sans répit, car en attisant les tensions racistes, il permet de justifier le renforcement de l’appareil de répression de l’Etat.

 

Faire payer à toute une famille la bêtise de l’un de ses membres est une pratique qui a existé en France, en d’autres temps. 

 

Ce qui est regrettable dans le discours ambiant, c’est la disparition de la notion d’hospitalité. Au lieu d’ouverture et d’accueil, c’est de barrières et de refoulement dont il est question.

Nous avons tous quelque chose en commun, nous sommes tous à la recherche de plus d’équité, de respect, de partage et du vrai sens de la démocratie. C’est ce à quoi on assiste avec les révolutions dans le monde arabe, notamment. C’est aussi ce qui définit l’humanisme. Il faut ainsi dénoncer toutes les formes de racisme, partout où elles se nichent. Et là-dessus, nous ne devons jamais transiger.  

 

Si aujourd’hui il ne fait plus de doute que l’économie est mondialisée, les crises successives de ces dernières années en témoignent, faisons en sorte de bâtir une autre mondialisation, un humanisme mondialisé où chaque homme est reconnu dans sa globalité. Qu’il soit réfugié ou apatride, chaque homme a un avenir. Un humanisme mondialisé où un mode de vie interculturel se développe naturellement est réalisable. L’éducation doit simplement être la source intarissable de toutes les cultures. Dans nos quartiers, à Vitry, en France, nous avons cette richesse, cette force et cet élan pour imaginer des façons fraternelles de nous regarder et de nous sourire.

Par Alain Audoubert
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Vie du COVIC

Syndication

  • Flux RSS des articles
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés