Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /Déc /2009 13:53

G-place-Azadi1.jpgDepuis l’élection présidentielle de juin 2009 en Iran, une suspicion de fraude électorale envenime le climat politique. Des dizaines de personnes ont été tuées au cours de manifestations réclamant de nouvelles élections ; près de 4 000 personnes sont détenues en prison, nombre d’entre elles y sont décédées ; 30 journalistes sont derrière les barreaux, et une cinquantaine a dû s’exiler.

 

La censure semble s’exercer sur toutes les formes de médias puisque une dizaine de journaux a été suspendue depuis l’annonce de l’élection d’Ahmadinejad, les réseaux pour mobiles sont brouillés et les connexions à Internet ralenties (le réseau des télécommunications iraniennes, comprenant tous les fournisseurs d’accès, est un monopole d’Etat), à l’approche de possibles rassemblements de l’opposition.

 

Malgré tout, l’ampleur du mouvement d’opposition au régime en place est notable. A travers tout le pays, dans toutes les grandes villes, des rassemblements ont lieu pour pointer les excès du régime.

 

Si l’élan populaire autour du mouvement réformiste et le mécontentement sont généraux, cet élan est surtout porté par des initiatives d’étudiants et de femmes. femme-en-vert.jpg

 

Comme les rassemblements sont de plus en plus larges, il est possible que se développe une instrumentalisation de l’opposition par le régime iranien. Des images truquées, des vidéos où le son a été ajouté, gonflées de slogans inventés par de faux opposants (souvent des miliciens) tentent de discréditer le mouvement et de renforcer les intimidations. Une pression faite de terreur physique et psychologique est à l’œuvre, surtout à destination des femmes. 

 

Les sévices, les arrestations, les tortures mais aussi les suppressions d’allocations ou de pensions pour les familles dont un membre a été arrêté constituent des éléments répressifs inquiétants.

 

Récemment, c’est le Guide Suprême, élu à vie, garant des valeurs de la république islamique  et disposant de plus d’influence qu’Ahmadinejad qui a été vivement décrié, montrant ainsi qu’une étape supérieure a été franchie dans la critique du régime.

 

Dans le même temps, sur le plan international, la question du nucléaire iranien crée des tensions avec l’Europe et les Etats-Unis. Dernièrement, le groupe des Six (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) a proposé à l’Iran de confier son uranium à ces pays pour qu’il soit enrichi mais de manière à ce qu’il ne serve qu’à un usage civil. Et ce avant fin décembre 2009. Aucune réponse de Téhéran. Du coup, les Etats-Unis menacent l’Iran de sanctions.

 

Cette double situation, interne et externe, difficile à tenir, fragilise ce pays situé au cœur du Moyen-Orient. Le régime, déstabilisé en son sein et menacé à l’extérieur, pourrait opter pour une fuite en avant où le durcissement et la violence seraient dirigés en premier lieu sur les Iraniens.

 

motosOr, il faut à tout prix s’opposer aux crimes commis par la République islamique. Il faut que ce régime reconnaisse la liberté d’expression et l’applique, ainsi que la liberté de conviction politique. Il faut que cessent les mauvais traitements, les faux procès et les fausses inculpations. Les prisonniers politiques doivent être libérés.

 

L’avenir du pays semble dépendre avant tout d’un plus grand respect envers tous ses citoyens.

 

Par Alain Audoubert - Publié dans : International
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