Hier, j'ai eu l'honneur d'inaugurer l'exposition "Femmes en résistance", du photo-journaliste
Pierre-Yves Ginet, en sa présence et en la présence de la marraine de l'exposition, Madame Maria Ester Tello, qui est une des 'folles de mai' de Buenos Aires, réclamant justice depuis près de 30
ans pour leurs enfants disparus. Odile Glinel, auteure du livre Cent ans de luttes...et même un peu plus - chronique féministe était aussi présente et a dédicacé son
livre.
J'ai voulu une exposition forte pour le centenaire de la Journée des Femmes. La force des photos de Pierre-Yves Ginet est à l'image de
celle des femmes photographiées. On y ressent le courage, la détermination de toutes celles qui sont confrontées à une adversité. Malgré le fait qu'elles soient souvent reléguées à un plan social
inférieur, malgré les violences qu'elles subissent, parfois au sein de leur propre famille, plus souvent de la part de miliciens armés, malgré la terreur dans laquelle on peut les maintenir, ce
sont elles qui tiennent encore debout quand un pays est dévasté. Ce sont elles qui reconstruisent. Pas à pas. Avec une détérmination sans faille. Elles reconstruisent pour elles, pour leurs
enfants, pour l'avenir, pour la justice, pour la liberté, pour toute la société. Je partage ce combat émancipateur et je l'accompagne de toutes mes forces.
Pierre-Yves Ginet s'est attaché à montrer ces combats invisibles, ces luttes dont - presque - aucun écho n'est fait. Aussi, en regardant cette exposition, on regarde en face la réalité de
situations de femmes dans une dizaine de pays. En découvrant
ces photos et en lisant les légendes, on prend conscience et on prend la mesure de tous les efforts fournis et à fournir encore.
Et prendre conscience, c'est pouvoir en parler et donc, faire reculer
l'invisibilité.