Jeudi 12 janvier 2012 4 12 /01 /Jan /2012 10:14

Voeux du maire de Vitry aux personnalités, samedi 7 janvier 2012 : 

 

 

"Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

 

Bienvenue dans cette traditionnelle réception de nouvel an que nous souhaitons conviviale et chaleureuse.

 

A vous toutes et tous qui êtes, dans votre diversité, des acteurs de la vie locale, acteurs sociaux, culturels, économiques, des partenaires associatifs, professionnels, élus ou institutionnels de la ville, j’adresse mes vœux les plus sincères de bonheur, de santé d’épanouissements pour vous-mêmes, votre famille, toutes celles et ceux qui vous sont chers.

 

Disant cela je ne peux m’empêcher de penser aux difficultés que vivent les vitriotes et les vitriots comme la plupart de nos concitoyens. Bien sûr les plus fragiles d’entre eux : les sans travail, les plus âgés, les moins biens portants, un nombre grandissant de retraités, les jeunes, les mal-logés…la liste des plus démunis pourrait être longue, mais je pense aussi à ces salariés aux revenus moyens qui sans être riches vivaient sans trop de difficultés qui voient leur pouvoir d’achat, leur situation sociale se dégrader et se précariser.

 

Alors oui, je forme le vœu que tous ensemble, nous disions haut et fort, que la priorité absolue doit être donnée à l’humain, à la satisfaction des besoins individuels et collectifs des hommes et des femmes, à leur développement social et culturel.

 

L’année 2012 sera marquée par d’importantes consultations électorales, présidentielles et législatives. Je souhaite que chaque citoyenne et citoyen se saisisse de la possibilité qui lui est donné d’exprimer ses espoirs en un autre monde.

 

Je ne manquerai pas dans les jours et les semaines qui viennent de donner mon avis comme je l’ai toujours fait sur ce qui me paraît le plus utile pour les vitriotes et les vitriots, pour notre ville ce soir ce n’est ni le lieu ni le moment.

 

Pour autant les choix actuels notamment parce qu’ils pèsent sur les conditions de vie de la population sont lourds de conséquences pour l’action municipale et vous me permettrez quelques remarques.

 

Nul ne peut méconnaître la crise profonde, financière, économique, sociale que nous traversons mais celle-ci n’est pas un phénomène extérieur imprévisible, incontrôlable comme un phénomène météorologique, une tempête inéluctable.

 

Certes le déclencheur de celle-ci a été la crise bancaire aux Etats-Unis engendrée par une spéculation immobilière effrénée. Un peu partout dans le monde, les banques ont été sauvées de la faillite par des crédits d’état pour permettre que la spéculation et les profits reprennent.

Chacun le reconnaît les conséquences ont été en général dans ce premier temps moins grave pour le peuple français que pour d’autres grâce à un système de protection sociale et de services publics qui ont amorti le choc. Mais cela est désormais fini, les banques centrales enfoncent notre pays et l’ensemble de la zone euro dans la récession économique. Ce n’est pas un coup de vent aléatoire imprévisible mais bien des décisions concrètes coordonnées prises par les gouvernements parfois même sans consultations des parlements.

 

En France par exemple la dette dont on nous rebat les oreilles est le fait de décisions prises par l’Etat. Non pas de dépenser trop pour l’action sociale, la solidarité, les investissements civils. Les dépenses sociales en pourcentage du produit intérieur brut sont restées à l’identique depuis 2 décennies mais ce sont les recettes de l’Etat qui ont été asséchées. Les grandes entreprises ont fait l’objet d’exonération de toutes sortes sur leurs impôts, leur contribution à la sécurité sociale, aux retraites de leurs salariés, au nom de la compétitivité, de la concurrence exacerbée. Les aides directes ou indirectes aux grands groupes ont dépassé les 170 milliards d’euro l’an passé sans aucune contre partie en terme d’embauches par exemple. De fait le traité de Maastricht que les français avaient refusé se met en application. Des pans entiers des services publics basculent dans le secteur marchand.

 

L’hôpital public est peu à peu démantelé, les malades dirigés vers le secteur privé, générateur de profits. A cela s’ajoute les déremboursements de médicaments, les hausses du forfait hospitalier, la taxation des mutuelles -10% des français dissent renoncer à se soigner lorsqu’ils sont souffrants. Pour notre centre de santé municipal, que nous venons de reconstruire et moderniser, nous serons contraints comme de nombreux centres, par des décisions de l’Etat à nous associer avec un établissement privé pour avoir droit de continuer à faire les prélèvements pour les analyses de laboratoires. Que dire de la volonté de réduire à 2 jours la présence des mères et des nourrissons à la maternité au prétexte d’un suivi possible à domicile. C’est faut il n’y a pas assez de sages-femmes.

 

A la poste, le courrier est de plus en plus acheminé par des entreprises privées, les comptes chèques postaux deviennent une banque comme les autres. Le livret A (l’épargne des salariés qui relevait du secteur public caisse d’épargne ou poste) a été offert aux banques. Ce livret assurait largement les emprunts des collectivités locales et des HLM obligent ceux-ci de plus en plus aujourd’hui à passer par des banques privées. Les banques nationales, les banques centrales ne jouent plus leur rôle et les Etats eux-mêmes sont aujourd’hui contraints d’emprunter sur les marchés financiers à des taux plus élevés que déterminent en fait les agences de notation financière (moins vous pouvez rembourser plus votre crédit est cher) c’est bon pour leurs profits mais bien sûr désastreux pour les peuples.

 

La révision générale des politiques publiques avec le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite a désorganisé l’action de l’Etat alors qu’elle devait la moderniser. Plus de 16 000 postes supprimés dans l’éducation et la formation l’an passé.

 

Le bilan est connu. Le Chef de l’Etat annonçait en 2007 qu’en cinq ans nous pouvions atteindre le plein-emploi, un chômage en dessous de 5% avec un emploi stable à temps complet pour tous : près de 400 000 postes ont disparu dans le secteur marchand, 350 000 dans l’industrie et le taux de chômage approche les 10% de la population active. Pôle-emploi accueille comme il peut près de 5 millions de personnes.

 

Je souhaite comme il l’a fait jusqu’à présent que le Conseil municipal résiste pour ce qui relève de sa compétence à la politique de recul social que l’Etat veut lui imposer.

 

J’ai, il y a un peu plus d’un mois, présenté le bilan de notre action à la moitié du mandat que les vitriots nous ont confié. Je ne reprendrai pas ici les éléments d’appréciation de ma conférence, le texte est à la disposition de celles et ceux qui le souhaitent, il sera disponible dans les assemblées générales de quartier. Nous avions un programme ambitieux pour notre ville et ses habitants, tout n’a pas été réalisé mais le sera sans aucun doute dans les deux ans qui viennent. Dans bien des domaines nous sommes allés au-delà des engagements pris.

 

Dans un contexte national très dur où s’expriment les résistances sous bien des formes, à Vitry je formule des voeux de solidarité et de changement réel, de progrès social.

 

Je les exprime d’autant que l’année passée nous avons pu poursuivre une gestion sociale au service de tous, la réalisation de nos projets de développement durable, économique, social, culturel et écologique de la ville.

 

Ainsi, nous avons mené à bien la construction de l’école Jules-Verne qui sera inaugurée samedi prochain, la réhabilitation et reconstruction de Montesquieu qui s’achève, ouvert un foyer de jeunes travailleurs, mis en construction 2 crèches multi-accueil, lancé les études pour la reconstruction de l’école Eva Salmon, pour une nouvelle piscine dotée de 2 bassins nautiques, lancé la construction du terminal de collecte pneumatique des déchets ménagers...

 

Nous poursuivons les programmes liés au patrimoine communal notamment scolaire, à la voirie, à l’éclairage public, à l’assainissement notamment pour accompagner les opérations d’urbanisme, d’aménagement, de constructions de logements. Cela avec le souci du développement durable et écologique de la ville, de l’environnement, de la qualité de vie de tous, en appliquant les normes de haute-qualité environnementales, économes d’énergie.

 

Nous allons créer la ZAC Rouget-de-Lisle au sud de la ville, celles des gares du centre et des Ardoines pôle multimodal où s’interconnectera le métro Grand Paris Express avec la ligne C du RER et plusieurs lignes d’autobus. Nous poursuivons la réalisation du projet de vie/projet de ville élaboré avec les Vitriots, une rénovation urbaine ambitieuse dans le cadre de l’ANRU et de l’Opération d’intérêt national, un projet qui tient compte de l’histoire et de l’identité de la commune, de ses quartiers.

 

Cela est possible en raison d’une gestion saine et d’une fiscalité maîtrisée, de partenariats institutionnels forts. Vitry est une ville peu endettée qui consacre en moyenne chaque année 37 millions d’euros d’investissements pour de nouveaux équipements et les gros travaux.  Nos dépenses d’équipement progressent de 10,5% soit de + 3,4 millions d’euros sur 3 ans avec un recours à l’emprunt de 15,3 millions d’euros en moyenne.

 

Ce n’est pas rien alors que dans le même temps, les concours financiers de l’Etat diminuent notamment la dotation globale de fonctionnement (1 million). Les réductions fiscales accordées aux entreprises et non compensées par l’Etat à la commune représentent une perte de l’ordre de 6 millions d’euros (depuis 2004). La suppression de la taxe professionnelle en 2010 aggrave la situation car la nouvelle cotisation territoriale réduit fortement les ressources des collectivités locales.

 

Pour 2012, la dotation de solidarité urbaine versée par l’Etat disparaît. S’y substitue un fonds de péréquation financé entièrement par les collectivités locales. Ce fonds de péréquation tient lieu de solidarité mais les critères de cette péréquation sont tels que Vitry va être considérée dans les villes riches sans tenir compte des besoins de sa population dont les ressources sont modestes, sans tenir compte des équipements et des services réalisés cela devrait nous coûter entre 600 et 700 000 euros.

La question reste donc posée de savoir de quelles ressources, de quels moyens la collectivité disposera pour maintenir la même qualité de services publics et l’accès pour tous à ceux-ci, pour investir et réaliser les équipements dont les Vitriots ont besoin pour mener à terme les projets en cours.

 

Jusqu’alors, nous avons pu maintenir des taux de fiscalité au même niveau pendant 12 ans, les augmenter modérément moins que l’inflation ces 2 dernières années, maintenir les services rendus, la mise en route de nouveaux services de proximité notamment dans les secteurs de la petite enfance et des personnes âgées. 110 postes créés en 3 ans et 38 nouveaux postes sont prévus pour les crèches nouvelles.

 

Nos assemblées générales de quartier sont l’occasion de débattre du budget et qui sera voté en mars. Pour l’instant, nous pensons pouvoir maintenir les services et les investissements à peu près au niveau de l’an passé sans augmenter le taux des taxes, en augmentant les tarifs des services moins que l’inflation mais cela est de plus en plus difficile et je ne saurais assurer à ce jour que nous y arriverons.

A Vitry, l’expérience montre que les réponses que nous apportons aux exigences légitimes de services publics utiles à tous à tous les âges de la vie et que nous défendons, devraient être aussi celles de notre pays. Malgré les politiques de reculs sociaux imposés, malgré les réformes qui restreignent notre autonomie de gestion et nos ressources financières, les solidarités communales restent un exemple de gestion dynamique, sociale et solidaire.

 

C’est aussi pour poursuivre cette gestion sociale dynamique et solidaire que je souhaite avec mes amis, Daniel DAVISSE, Maire de Choisy et Pierre GOSNAT, Maire d’Ivry, que nous allions plus loin dans la coopération intercommunale en constituant une communauté d’agglomération qui nous permette d’affronter ensemble les nouveaux défis de l’avenir. Depuis plus de 15 ans déjà nous avons élaboré des projets cohérents pour notre territoire de redéveloppement urbain, économique, social et culturel. Certains se mettent en œuvre mais nous voulons nous donner plus d’atouts pour progresser ensemble, prendre notre place dans la métropole parisienne. Des décisions seront à prendre dans les mois qui viennent. Nous ne le ferons pas bien sûr sans concertation avec les habitants, nous aurons l’occasion d’en débattre dans les assemblées générales de quartier et je demanderai à tous les conseils de quartiers mis en place depuis un an de se prononcer avant de soumettre au Conseil municipal la décision de s’engager dans la création d’une communauté d’agglomération.

Il faut dans tous les domaines donner plus de pouvoir aux citoyens.

C’est une aspiration universelle des peuples, je souhaite qu’elle se développe comme cela a été le cas dans les pays arabes, en Amérique du Sud.

En Europe, des mouvements de protestation grandissent en Islande, en Grèce, en Angleterre, en Italie, en Espagne… appelant une autre logique que la soumission aux intérêts des financiers du capitalisme mondialisé.

Mes vœux, même si la situation n’est pas facile, sont offensifs et confiants. Nous pouvons, les peuples peuvent, faire changer le cours des choses. Je souhaite que les échéances de 2012 témoignent d’un regain de citoyenneté pour que le vivre mieux ensemble progresse.

Enfin et dans le même esprit, les vœux les plus chers que je formulerai, seront pour la Paix, l’amitié et la coopération entre les peuples.

Notre ville entretient des liens d’amitiés avec nos villes jumelées d’Europe –Burnley, Meissen, Kladno- à travers les initiatives nombreuses du comité de jumelage, nous soutenons l’action de Vitry coopération Mali dont l’action tenace permettra cette année que les villages de la plaine du Nouga où nous intervenons ne soient pas frappés par la famine qui est annoncée dans toute la zone subsaharienne. Nous soutenons les initiatives de coopération prises par de nombreuses associations et venons d’élargir nos échanges avec une ville palestinienne JERICHO. Nous avons accueilli un groupe d’enfants dans notre centre de Méaudre cet été, un groupe de jeunes de l’atelier photo de la maison de la jeunesse partira en février à JERICHO.

Nous avons renoué des liens avec une ville du Liban et poursuivons notre soutien aux réfugiés du Sahara occidental ;

Je voudrais ajouter à l’heure où on nous dit que l’Etat n’a plus d’argent, il faut faire des économies, je reste choqué que près de 60 milliards d’euros sont consacrés à l’entretien et la modernisation de notre force de frappe nucléaire.

Oui résolument, je forme de vœux de Paix et de désarmement.

Mesdames, Messieurs, j’ai confiance dans la capacité de notre ville à se rassembler dans sa diversité de professions, d’origines d’âge, unis par des valeurs progressistes et humanistes de justice et de fraternité, de démocratie et de paix. C’est un atout pour notre avenir.

Pour l’heure, permettez-moi de vous renouveler mes vœux sincères pour 2012 et de nous souhaiter une très bonne soirée".

Par Alain Audoubert
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