Vendredi 16 avril 2010 5 16 /04 /Avr /2010 17:10

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Le dossier des retraites est à l’ordre du jour. Dans certains pays européens, la réforme du système a été entreprise tout au long de cinq années de concertation. En France, il doit être avéré que nous réfléchissons plus vite puisque 6 mois devraient suffire à conclure le débat : en effet le texte de loi sera voté dès septembre prochain.

 

Le débat naissant prend déjà la forme cent fois ressassée d'une communication encadrée, surveillée, uniforme, où les « éléments de langage », cette bécquée pour ministres au garde à vous, font office d’arguments imparables, d’autant plus imparables que tous les ministres les reprennent en chœur la bouche en cœur.

 

Les chiffres avancés par le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) se font volontiers alarmistes, puisque trois scénarios ont été imaginés pour 2050 : le scénario A où le besoin de financement de l’ensemble des régimes représente 72 milliards d’euros par an, le B où 103 milliards seraient nécessaires, et le C où il est fait état de 115 milliards à combler. A noter que  le A et le B se fondent sur un taux de chômage à 4,5 % après 2020, ce qui correspond au plein emploi. Au vu des choix économiques en vogue actuellement, il est peu probable que le plein emploi soit envisagé.

 

Pour répondre au besoin de financement, les propositions de la droite sarkozyste insistent sur l’inévitable report de l’âge légal de départ à la retraite, et bien sûr, sur l’inéluctable allongement de la durée de cotisation. Mais quel manque de franchise, d’audace et d’imagination. Et quel manque de lucidité sur la situation de l’emploi aujourd’hui.

 

Nombreuses sont les entreprises qui encouragent la retraite anticipée d’un employé dans sa 50e année. Nombreuses sont celles aussi à ne pas prendre le risque d’embaucher des jeunes, pourtant deux fois plus touchés par la crise que le reste de la population. Pourquoi vouloir alors retenir coûte que coûte des salariés âgés au travail ?

 

La vie active ne représenterait que 25 ans d’activité, alors même qu’il est nécessaire de cotiser plus de 40 ans, sans compter les « trous » liés au chômage ? Où est la logique dans ces orientations ? Ce qui est en jeu, c’est la baisse du niveau des pensions. Ce qui est voulu par la droite, c’est pousser à capitaliser, à constituer soi-même sa pension, en encourageant les fameux fonds de pension, soumis aux arnaques boursières, au détriment d’un système par répartition digne de ce nom mais pour le plus grand bonheur du Medef. C’est ce qu’expose le tract du PCF sur les retraites.

(sur le site du PCF >) link ou TRACT RETRAITE PCF TRACT RETRAITE PCF

 

Pourtant, il existe des solutions. Simples et faciles. Alors que les salaires augmentent peu, les profits des actionnaires de grosses sociétés et les profits bancaires ne cessent d’augmenter en dépit de la crise. Ce sont ces profits, cette financiarisation qu’il convient de taxer, ce sont les cotisations patronales qu’il convient d’augmenter, au lieu d’exonérer. Et il est urgent de créer de l’emploi pour les jeunes pour faire réellement baisser le chômage.

Par Alain Audoubert - Publié dans : Retraites
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