Vendredi 22 octobre 2010 5 22 /10 /Oct /2010 17:10

Nous avons, d’un côté :

 

- Une Commission européenne qui prépare depuis des années le recul des acquis sociaux ainsi qu’un recul, sinon un gel de nos salaires et qui prône la disparition du système paritaire des retraites,

- Un gouvernement Sarkozy qui veut soigner l’image de la France auprès des agences de notation et conserver la bonne note de AAA1 ,

- Un gouvernement Sarkozy qui nie l’importance du mouvement social, qui refuse tout dialogue avec les organisations syndicales, malgré les mains tendues à plusieurs reprises pour des négociations,

- Un Sénat qui décide de procéder au « vote bloqué », permettant à la majorité de ne pas s’attarder sur tous les  amendements proposés par l’opposition,

- Un gouvernement Sarkozy, encore, qui tente de détourner l’attention de cette réforme par tous les moyens, en stigmatisant étrangers (lois sécuritaires), en recherchant l’affrontement social au moyen des forces de l’ordre, pour faire plier ce peuple qui, à plus de 70 %, rejette le projet de réforme et soutient l’action revendicative engagée.

 

Il cherche à dresser les gens les uns contre les autres en interprétant de façon erronée les différents modes d’action. Les actions des salariés sont de plus en plus montrées non pas comme une opposition au projet injuste du gouvernement mais comme une volonté de nuire à tels usagers, à tel corps de métier, à tels parents d’élèves… Bref, à écouter les membres du gouvernement, l’action populaire serait nuisible… au pays, au peuple.

 

Le contrôle des mouvements sociaux se durcit, en lieu et place d’un vrai contrôle des mouvements de capitaux. Les politiques économiques inégalitaires s’affirment, là où la solidarité n’a jamais été aussi nécessaire et réclamée. Les bornes d’âges de départ à la retraite sont repoussées alors que 6 salariés sur 10 sont déjà hors de l’emploi à ce moment-là…

 

De l’autre côté, les populations, les élus soutiennent le mouvement social.

Je rappelle à ce propos le vœu adopté à l’unanimité par notre Conseil municipal le 24 juin dernier, adressé au Président de la République, au Premier ministre et aux parlementaires :

 

« Oui, il faut :

- garantir le droit à la retraite à 60 ans, à taux plein,

- reconnaître la pénibilité par un départ anticipé,

- assurer une pension au moins égale à 75 % du salaire et en aucun cas inférieure au SMIC pour une carrière complète,

- stopper l’allongement de la cotisation,

- prendre en compte, dans le calcul de la pension, les périodes d’études et d’inactivité forcées.

Il y a de l’argent pour cela !

Le financement des régimes et la nécessaire revalorisation des retraites passent par l’élargissement de l’assiette de cotisation à toutes les rémunérations, le développement de l’emploi, une augmentation des salaires et une mise à contribution des revenus financiers des entreprises.

 

Je reste très attentif aux mesures qui seront prises. Et j’exprime ma détermination à soutenir l’action pour l’avenir des retraites et du système solidaire.

Il faut retirer ce projet de loi et négocier. Voilà l’issue.

 

1 Dans quel but ? Faire appel à une agence de notation est une pratique provenant du monde de l’entreprise. Plus la note est bonne, plus l’entreprise a des facilités pour emprunter sur les marchés financiers. Seulement, le système fonctionne quand tout va bien. Mais pas quand une crise surgit. D’autant que ces agences sont cotées en Bourse et donc soumises à résultats, à rendement…Peut-on comparer un pays à une entreprise, ou pire, à un produit, dans la mesure où le rôle d’une agence de notation, c’est l’appréciation du risque de solvabilité financière ? Je ne le crois pas.

 

 

Par Alain Audoubert - Publié dans : Retraites
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