Le blog d'Alain Audoubert, maire de Vitry

Avec la suppression de la publicité sur les chaînes du service public, la polémique sur la liberté de la presse en France a enflé. Non sans raison. Le président du CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) sera nommé par le président de la République, - et pourra donc être aussi facilement destitué -, des Etats généraux de la presse sont convoqués par le président de la République lui-même, des intimidations auprès de journalistes surviennent… De plus, il est notable que nombre de journalistes censurent eux-mêmes leurs articles, de peur des pressions exercées à leur égard et hélas, au mépris de l’information à donner au citoyen.

Un journal financé par un grand groupe industriel, dont le PDG est proche du pouvoir, ne doit en aucun cas dénaturer, transformer ou pervertir le propos d’un journaliste. Les groupes industriels et financiers ne devraient pas être commandités par le gouvernement, l’Etat, pour gérer les chaînes publiques. L’AFP  (Agence France Presse) elle-même va être mise au pas par l’Elysée. C’est proprement anti-démocratique. Il semble pourtant qu’aujourd’hui, l’intégrité d’un journaliste est menacée par ces pressions répétées. L’intégrité de l’audiovisuel public l’est aussi. Et ce déséquilibre est à rapprocher des largesses accordées aux chaînes privées, et de TF1 en particulier. Il pèse une lourde menace sur la presse d’opinion. La télévision et la radio publiques vont passer sous le contrôle du Président.

Quelle image du pays des droits de l’Homme ! Il faut agir très largement. L’appel lancé par Reporters sans Frontières pour une presse libre et indépendante (cf l’Appel de la Colline) rappelle que la liberté de la presse n’est pas un « privilège des journalistes mais un droit des citoyens ». La gauche à l’Assemblée nationale a résisté à la main-mise sur la télévision publique. Le combat continue. Il s’agit de démocratie.

Je soutiens donc le pluralisme en journalisme, l’indépendance et la confidentialité des sources. Ce sont des valeurs qui apparaissent comme autant de remparts à l’autoritarisme.

Appel-de-la-colline.pdf Appel-de-la-colline.pdf

Mer 17 déc 2008 3 commentaires
Pire que l'ORTF, pire que sous De Gaulle, la télévision dédiée au roi... euh, au Président, arrive avec la nouvelle année. Tout ça rappelle de bien mauvais souvenirs. Il y a quelques mois on a beaucoup parlé de l'héritage de mai 68. Il serait bon de se rappeler qu'une révolution est toujours possible. Qu'une révolution ne se fait pas avec élégance et courtoisie. Mais qu'elle est bien un acte de violence. C'est un Chinois un peu connu qui a dit ça. Et ce sont des mots qui sonnent bien aujourd'hui en France.
insurgé - le 17/12/2008 à 21h46
Bonjour Insurgé, Je suis entièrement d'accord avec vous...! ...sans compter les arrestations musclées de journalistes...! Néanmoins, je voudrais apporter un éclairage différent. Il m'arrive de discuter avec des gens qui ont des opinions différentes des miennes, je leur expose mon point de vue, qui est en gros le votre, mais j'entends également le leur qui me semble intéressant et fondé. Voici 2 arguments : 1) le contrôle de la télé publique par l'Etat a toujours existé, avant c'était officieux, maintenant c'est officiel 2) la télé publique devrait servir à faire du "BBC" et pas du "TF1", je suis d'accord (il pointait du doigt certaines émissions de france2) mais je me demande si le but est bien de créer une télé publique de qualité (d'ailleurs elle existe déjà : France 3, France 5, ...) ou bien de donner des parts de marché aux chaînes dirigés par les amis du Président. Et surtout un grand merci à Mr Audoubert de dénoncer et expliquer tout ce qui se passe actuellement. Comme disait B. Hamon, les prochaînes crises prévisibles après l'économique la financière et l'économique sont la sociale puis la politique...!
Candide Citoyen - le 18/12/2008 à 16h28
Les opinions de vos amis ne sont peut-être pas irrecevables, cher Candide citoyen, mais grâce au CSA, il y avait tout de même une certaine marge de manoeuvre. Il pouvait représenter un point de référence auquel se raccrocher. Malheuresement, aujourd'hui, le directeur de la communication du président a suggéré qu'une émission pour le Président soit progrémméé sur la télé publique. Cela ressemble bien à de la propagande. TF1, c'est Sarkozy, et la télépublique aussi ? Et c'est officiel ? C'est justement parce que c'est officiel qu'il faut le dénoncer fortement et lutter contre ce conglomérat fait de politique et de médias. Ou se retancher sur Internet pour avoir de vraies infos, ou que quelques uns créent une télé aussi bonne que le Canard enchaîné et qu'elle soit écoutée par autant de gens que TF1 !
insurgé - le 19/12/2008 à 11h38